mardi 12 avril
Le prix du patriotisme
Dans un monde où les limites territoriales ne sont plus ce qu’elles étaient, l’amour que l’on éprouve pour sa patrie doit rester profond, inconditionnel. Néanmoins, cet amour qui n’est plus aussi platonique comme il l’était autrefois, a besoin non seulement d’être transmis de génération en génération, mais aussi entretenu pour être préservé. Sinon, c’est le désamour qui prend le dessus. Et quand désamour il y a, c’est ce qui peut arriver de plus grave à un pays. N’est-ce pas à cause de ce désamour qu’aujourd’hui des Marocains vont jusqu’à déclarer sans se gêner qu’il vaudrait mieux que les colonisateurs français reviennent au Maroc? Au-delà des motivations économiques évidentes, n’est-il pas vrai que c’est ce profond désamour qui pousse également la plupart des jeunes à n’avoir qu’un espoir: se sauver de leur pays et se chercher d’autres identités?
Face à ce désamour, il serait simpliste de se borner à ruer dans les brancards en criant à l’affaiblissement du patriotisme des nouvelles générations sans en chercher les causes. Il faut savoir que de nos jours, même le patriotisme se paie. Son prix: le respect des droits des citoyens et donc de la démocratie, la vraie. Celle qui ne se limite pas au droit de remplir des urnes et de s’exprimer librement, mais qui garantit aussi et surtout le droit à une vie dans la dignité. Et la dignité voudrait qu’il y ait -entre bons patriotes- partage équitable des richesses nationales, égalité des chances, justice juste, droit à un enseignement valable, droit à des soins convenables… Dans tout cela, le Maroc est en chantier, mais à quand la fin des travaux?
Revenons au patriotisme! Puisque terre et patrie (ard et watan) ne font qu’un dans notre langue, voici un exemple que vient de donner à ce sujet une agence de l’Etat. A douar Lahna et à douar Oulad Aàrrad à la fraction de Tassoultante à Marrakech, 71 fellahs sont menacés d’expropriation par l’Agence Nationale de l’Habitat Insalubre (ANHI). Ces fellahs déclarent être propriétaires de leur terre. Ils arborent un parchemin séculaire pour le prouver. Ce document serait un dahir royal par lequel cette terre a été offerte à leurs aïeux. Mais l’ANHI ne veut rien savoir. Cette Agence voudrait faire construire des villas à la place de cette terre agricole. Quelle que soit l’issue de ce différend, on retiendra que l’Agence de l’Etat a proposé aux fellahs concernés 20 dirhams le mètre carré pour les exproprier. Est-ce à ce prix que l’on veut préserver le patriotisme dans notre pays?
Commentaires
patriotisme
n'hesite pas a faire un tour sur mon canalblog patriote : brunosite.canalblog.com
De quel patrie du parle?
Je partage entièrement ce que tu as écris sur l'amour de la patrie et sur le désamour. La patrie c'est la mère qui donne la vie, l'éducation... qui aime ses enfants et surtout qui fait apprendre à ses enfants, le sentiment d'amour, d'amitié, le partage et les valeurs morales...la mère qui donne le meilleur exemple à ses enfants. Hélas, notre pays a toujours donné le mauvais exemple. Dés notre jeune âge, on ouvre les yeux sur les disparités sociales et le fossé qui s'élargit au fil des temps entre les riches et les pauvres, entre les nantis et les pauvres. On ouvre les yeux sur les opportunistes et les arrivistes, on ouvre les yeux sur l'impunité et sur le pouvoir de l'argent et du Makhzen. Comment veut tu qu'on aime cette mère qui ne te protège pas de l'injustice, qui ne te garantis pas une vie digne..comment peut-on l'aimer et la chérir alors qu'elle qui a fait l'économie de la culture, de l'enseignement. Un pays qui a fait l'économie des générations et des générations. Comment veut tu qu'on aime un pays où le désespoir sévit parmi les jeunes. Tu te lamente sur le sort de quelques fellahas alors que des milliers de jeunes sont sacrifiés chaque jour,chaque minute...a qui on ôtent l'espoir de vivre. Des milliers qui meurent chaque jour dans le détroit dans l'espoir d'avoir une vie meilleure. Des milliers qui se brulent les neurones par les différents drogues dures ou moins dures,psychopotes ou en sniffant n'importe quoi. l'essentiel pour eux est de se déconnecter de ce monde, de cette patrie et de cette mère qui leur a donné la vie pour les laisser mourir dans la jungle. De quel patrie tu parle mon cher?