mercredi 13 avril
Une nouvelle génération de mendiants
A Casablanca, il fut un temps où les mendiants ne couraient pas massivement les rues. En ces temps-là, ceux qui osaient «chanter» pathétiquement leurs doléances, étaient visiblement miséreux. Leurs habits, leur handicap, leur mine de mort-vivant ou encore leur litanie servait à donner des preuves tangibles pour gagner la compassion des âmes charitables. En ces temps-là, la dignité avait encore un sens et parmi les mendiants, rares étaient ceux qui exerçaient ce non-métier par fourberie ou pour le plaisir. Mendier n’était pas encore devenue une mode, voire un sport national, comme elle l’est de nos jours.
Mendiants nouvelle génération
Nombreux sont les jeunes qui sont chaudement et chiquement habillés qui tendent la main surtout à des jeunes de leur âge. Ces mendiants new look ne manquent pas de prétextes pour convaincre les bienfaiteurs potentiels. Certains prétendent qu’ils veulent tout juste avoir de quoi se payer un ticket de bus. D’autres, avec un air tristounet, déclarent vouloir manger un morceau arguant qu’ils ont un problème familial. D’autres encore, plus directs et plus prolixes, avancent sans la moindre gêne qu’ils veulent tout simplement (par ces temps difficiles…) se payer une cigarette ou une tasse de café. Rien que ça!
Autres méthodes, autres nouveaux mendiants
Dans la catégorie de cette novelle génération de mendiants se trouvent également tous ces jeunes et moins jeunes (hommes et femmes) que l’on rencontre parfois, près des gares routières ou ferroviaires. Ceux-ci se disent éternellement «mkataà bihoum lahbel» (sans ressources dans une ville qui n’est pas la leur). A les voir portant la plupart du temps des bagages à main, on les croirait facilement sur paroles. Seulement, ils (elles) oublient de changer de lieux et c’est ainsi qu’ils (elles) se prennent à leur propre jeu. Dans la même catégorie, il y a également ces femmes visiblement «respectables» qui commencent aussi à tendre la main. Pour
Que faire ?
L’Etat s’est engagé à lutter contre la mendicité à Casablanca. C’est tant mieux. Dans cette perspective, un programme a été lancé. Première mesure prise : la chasse aux mendiants qui exploitent leurs propres enfants ou louent des enfants dans l’exercice de leur «fonction». La chasse donne déjà lieu à une partie de cache-cache qui ne va ni sauver les enfants exploités ni éradiquer la mendicité à Casablanca ou ailleurs. A ce propos, on peut bien se demander ce qui empêcherait les exploitants chassés sans que leur soient proposées des alternatives viables, de jeter leurs petits esclaves dans des circuits encore plus dangereux (prostitution, drogue…). Au demeurant, en sus des parties de chasse, le programme évoque le «développement humain durable» ou encore «les activités génératrices de revenus». Voici des chantiers qu’il va falloir ouvrir à grande échelle. Ces chantiers peuvent donner lieu aux alternatives manquantes. Ne l’oublions pas, c’est surtout la chasse aux inégalités criardes et à la pauvreté extrême (matérielle et celle de l’esprit) qui doit être sérieusement lancée. Elle devait l’être d’ailleurs depuis 40 ans. Par ailleurs, contre la pauvreté de luxe il y a au moins une bonne solution: l’ancrage de valeurs sociétales sûres dans l’esprit des Marocains.
Commentaires
la belle dormante
merci pour votra connaisance