jeudi 18 août
Moroccotimes.Com analyse la situation prévalant à l'UGTM
-------------------------------------------------------------------------------- Trade unions Istiqlal intervenes in UGTM crisis By Houda Filali-Ansary 8/11/2005 | 3:27 pm GMT The internal conflict opposing UGTM's rising stars to its old leader ended up forcing the Istiqlal party to step into the fight. Abbas El Fassi's party will manage the trade union until a new Secretary General is named in September. Abderrazak Afilal. Ph: Archives. The conflict within the General Union of Moroccan Workers (UGTM) had been brewing for years, between its old Secretary General, appointed in the 1960s by Allal El Fassi himself and his potential, younger successors. It finally broke out when, on Aug. 5, 70-year-old Abderrazak Afilal decided to expel four out of the 14 members of the trade union's elected executive committee, with the support of his allies, among them his wife and his son. The following day, the four expelled members, which included Afilal's potential successors, Mohamed Larbi Kabbaj and Hamid Chabat, hit back with another communiqué. Basing themselves on the trade union's statutes, they stripped him of his authority, declaring him incapable of managing the trade union. They added that UGTM could not be held responsible for his declarations since he no longer represented them. “[...] Abderrazak Afilal disobeyed all internal union regulations by trying to remove from the UGTM's executive committee members elected in the latest organisation congress in 1998. He attempted to replace them with people that had nothing to do with the supporters and the structure of the union body,” they explained in a communiqué issued following the meeting. They also accused Afilal of managing the trade union's funds “as if they were his own money.” “I challenge him to sue me over my declarations,” said Mohamed Larbi Kabbaj, who became the national UGTM coordinator and spokesperson following the decision. “That would be a nice opportunity [to reveal] abuses he has made in the management of the trade union,” explained Kabbaj to Morocco Times. Going beyond the mutual accusations of severing the links with grass root militants and thus causing the downfall of the trade union, one cannot help but notice that Abderrazak Afilal has already announced he was planning to retire at the next national UGTM congress, scheduled to take place in September this year. So why all this fuss in the first place? The war could have been triggered by what the executive committee - many of whom have been in the trade union for more than 30 years - saw as an attempt to transmit his post to his son, Rachid Afilal after controlling the trade union for more than 40 years. The fact that Afilal was originally named as the head of the trade union by the Istiqlal (IP) party and that he is both a member of its political bureau and one of its representatives at the House of Parliament, along with his wife, Hajja Mahjouba Zoubaïri, could only lead IP to intervene in the conflict. As the situation got worse, several meetings were held between the UGTM trade union and the heads of the Istiqlal party. However, instead of cooling tempers, the Istiqlal move seems to be leading it toward a potential scandal, especially as several clashes had already opposed Afilal to the Istiqlal leader, Allal El Fassi. In an interview with the Moroccan French language daily, Aujourd'hui le Maroc, Afilal accused Abbas El Fassi of “trying to control everything,” including the UGTM. He also accused him of deviating the party from the original policy imposed by his predecessor, Allal El Fassi and even of “getting money from Chabat…” Afilal's reference to Allal El Fassi was anything but a coincidence. The original Istiqlal leader was the one who enabled him to succeed to M'hammed Douiri, at the head of the UGTM trade union, two years after its creation. Created in 1962 by the Istiqlal party, the UGTM was originally established to compete with the Moroccan Workers' Union (UMT), headed by Mahjoub Benseddik, and which is now Morocco's main trade union. UGTM later became one of its main competitors, and now includes 4 seats at the Council of Advisers. However surprising this might seem, Afilal's long stay at the head of the UGTM and his resistance to the younger generation is anything but exceptional. Most Moroccan parties and syndicates kept the same leaders, either until their death, or until their competitors decided to create their own parties. The coming 2007 legislative elections could lead to similar shake ups in Morocco's more than 30 parties, but will they ever lead their internal distribution of power to become democratic? ----------------------------------
Source: http://www.moroccotimes.com/paper/article.asp?idr=2&id=8825
jeudi 30 juin
Invitation
Espace Associatif / Espace Associatif / Espace Associatif / Espace Associatif / Espace Associatif
Organise une table ronde sur le thème
Les associations et la participation des jeunes
Le vendredi 8 juillet 05
(À 18.30 dans les locaux de l’Espace Associatif)
Animation
Hassan Tariq, Mokhtar Benabdelaoui, Nadira Barkallil
Table ronde/ Table ronde/Table ronde/Table ronde/Table ronde/Table ronde/Table ronde/Table ronde
Programme
18h.30 : Acceuil des participants(es)
19h.00 : La place des jeunes dans les politiques publiques (Hassan Tariq)
19h 20 : les jeunes et la participation à la vie publique (Mokhtar Bena)
19h.40 : : L a place des jeunes dans les associations (Nadira Barkallil)
20h.00 : Débat général
20h.45 : Fin des travaux
Espace Associatif, 55, Rue Melouiya, Appt. 1, Agdal, Rabat // Tél.: 037 77 43 41 / 46 / 48 // Fax : 037 77 41 83
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jeudi 23 juin
Tous avec Halima, petite bonne de 12 ans sauvée d’une tentative de suicide
Invitation de la part de l’Association Al Amal pour le Développement
87, rue 1 Hay Chrifa, Casablanca 20150
Après le terrible incident qu’a connu le quartier Hay Chrifa, concernant la tentative de suicide de la petite Halima Al Iyadi à cause des violences exercées contre elle par ces employeurs, nous vous invitons à participer à la matinée de sensibilisation sur la violence contre les enfants sous le thème « tous avec Halima»
Et ce le dimanche 26 juin 2005 à partir de 9h30 à Hay Chrifa
Programme de la matinée de sensibilisation sur la violence contre les enfants :
9h30 : Accueil des invités
10h : Allocution de l’association
10h5: Allocution des invités
10h25 : Remise d’une récompense à l’enfant qui a sauvé Halima
10h30: Inauguration du passage Riad Amria au nom de HALIMA
10h40: Visite de l’atelier d’écriture
10h50: Visite de l’atelier de peinture
11h : Allocution des enfants du quartier
11h20 : clôture de la matinée
Nous comptons sur votre présence à la journée organisée le dimanche 26 par l'association et les habitants de Hay Chrifa avec la participation d'INSAF en soutien à
Histoire de Halima Al Aydi petite bonne de 12 ans
De peur d’être châtiée par son employeur pour avoir cassé un vase, la petite Halima Al Aydi âgée de 12 ans a essayé de se jeter du 3ème étage le Samedi11 juin pendant que ses employeurs étaient absents.
Elle a été sauvée grâce aux voisins et au concierge qui se sont précipités à son secours et l’ont transporté ensuite à l’hôpital Bouafi après avoir averti la police.
Selon les rapports du pédiatre et de la psychiatre de l’hôpital, l’état de la petite fille présentait d’horribles traces de maltraitance physique (morsure, coup de couteau….) et un traumatisme psychologique.
Actions entreprises :
INSAF a été contactée par le syndic de l’immeuble qui s’est mobilisé pour dénoncer ce cas. Une pétition a été signée par les habitants de l’immeuble et présentée au procureur du roi.
INSAF a demandé une autorisation pour prendre en charge
L’enquête de la police judiciaire est en cours.
Les avocats de La Ligue Démocratique des droits de Femme ont été contactés pour défendre bénévolement ce cas.
INSAF essaie parallèlement de contrecarrer l’influence de l’employeur sur la mère de la petite Halima pour qu’elle renonce à son droit civil.
INSAF a présenté une demande au procureur du roi pour recueillir la petite fille et empêcher la mère de la prendre. L’Association SOS village a été contactée pour la prendre en charge.
Renseignements sur la petite bonne :
Elle n’a jamais été à l’école et a travaillé avec un salaire de 200 Dh/ mois depuis son jeune age chez la même famille qui l’a toujours maltraitée.
La petite en veut tellement à sa mère qu’elle menace de se suicider si on l’oblige à retourner chez elle.
Renseignement sur l’employeur :
Le mari S. Brahim est un retraité à la Pachaouia du Habous.
La femme Fatima H est une femme au foyer. Ils ont un fils de 14 ans.
jeudi 02 juin
APPEL
VOICI UN APPEL OUVERT A SIGNATURE POUR SOUTENIR L'INITIATIVE DE L'ORGANISATION DU FORUM SOCIAL MONDIAL POLYCENTRE AU MAROC EN 2006. COMME VOUS LE SAVEZ LE COMITE DE PILOTAGE DU FORUM SOCIAL MAROC A PUBLIE DEUX COMMUNIQUES D'INFORMATION CONCERNANT LA POSITION DU GOUVERNEMENT MAROCAIN QUI AVANCE DES RAISONS DE LOGISTIQUE POUR NE PAS APPUYER CETTE INITIATIVE.
PRIERE D'ENVOYER PAR MAILVOTRE ADHESION A L'APPEL :
forumsocialmaroc@menara.ma ou (et) lahbib@wanadoo.net.ma
Par Tel : 037 65 52 70 ou par Fax : 037 75 26 02
APPEL
POUR UN FORUM SOCIAL MONDIAL AU MAROC EN 2006 C’est parce que nous sommes
- contre la guerre
- contre l’offensive néo-libérale et les conséquences néfastes de cette offensive sur le plan social, économique et politique,
- contre le processus de mondialisation néo-libérale, avec ses composantes racistes, sexistes et de déshumanisation
- contre la destruction de l’environnement,
- contre la pensée unique et toute vision totalitaire, intégriste et réductrice de l’économie, du développement et de l’histoire
- contre la dilapidation des biens publics
- contre l’usage de la violence comme moyen de contrôle social par les États
et c’est parce que nous sommes
- pour une mondialisation solidaire qui respecte les droits universels de l’homme, ceux de tous les citoyens et citoyennes de toutes les nations,
- pour un système et institutions internationaux démocratiques au service de la justice sociale, de la légalité et de la souveraineté des peuples.
- Pour une véritable pratique démocratique, participative sur la base de relations égalitaires, solidaires et pacifiques entre les personnes, les races, les sexes et les peuples,
- ouverts au pluralisme et à la diversité des engagements et actions comme à la pluralité des ethnies, cultures, générations et capacités physiques
- pour le respect de la nature et de l’environnement aujourd’hui et pour les futures générations.
- C’est parce que nous sommes pour un monde meilleur,
Et c’est parce que nous considérons que les raisons de logistique et d’organisation avancées par le gouvernement comme des raisons sans fondements eu égard aux expériences déjà vécues et aux capacités d’hébergement de villes comme Marrakech, Agadir, Tanger, Essaouira qui ont accueilli dans les manifestations culturelles entre 50.000 et 200.000 visiteurs,
Que nous, associations, syndicats, chercheurs et intellectuels, signataires du présent appel, demandons au gouvernement de revoir sa position concernant la tenue d’un Forum Social Mondial polycentrique au Maroc en 2006 en donnant toutes les facilités à même de renforcer un processus déclenché par les mouvements sociaux au Maroc et partout dans le monde pour :
- un espace de rencontre ouvert visant à approfondir la réflexion, le débat d’idées démocratique, la formulation de propositions, l’échange en toute liberté d’expériences
- un espace pluriel et diversifié, non confessionnel, non gouvernemental et non partisan, qui articule de façon décentralisée, en réseau, des instances et mouvements engagés dans des actions concrètes, au niveau local ou international, visant à bâtir un autre monde
- inscrire la dynamique marocaine dans un processus de mondialisation de la résistance aux effets néfastes de la mondialisation néo-libérale
- l’articulation en vue d’actions efficaces, d’instances et de mouvements de la société civile qui s’opposent au néolibéralisme qui s’emploient à bâtir une société planétaire axée sur l’être humain
- la recherche et l’élaboration d’alternatives pour contribuer à résoudre les problèmes d’exclusion et d’inégalité sociale, de démocratie.
SIGNATURES
NOM ville ORGANISATION Signature
N.B : PRIERE DIFFUSER LE PLUS LARGEMENT POSSIBLE
mercredi 11 mai
Le processus continue, la mobilisation aussi
Le comité de pilotage du forum Social Maroc a rendu publique la position des autorités au lendemain des premières concertations d’où il ressortait que le projet d’un Forum Social Mondial polycentrique en janvier 2006 au Maroc, était irréalisable pour des raisons de logistique, d’organisation, et de délai imparti : 8mois ont été estimés insuffisants pour pallier aux déficiences logistiques et garantir la réussite d’une telle manifestation.
Tenant compte des remarques des autorités, le comité des relations extérieures a engagé des discussions avec le Conseil International du Forum Social Mondial.
Le désistement du Maroc venait compromettre l’idée d’organiser des forums polycentriques parallèles au mois de janvier 2006. Aussi, le CI a décidé de considérer l’année 2006, année ouverte aux forums sociaux mondiaux polycentriques et a accordé au Maroc le délai du 20 avril pour se prononcer officiellement sur la tenue ou non du FSM en 2006.
A la lumière de ces nouvelles perspectives, le comité des relations extérieures a repris contact avec les autorités pour leur faire part de notre disposition :
- à reporter la tenue du FSM polycentrique jusqu’au mois de Juin/juillet ;
- à mobiliser les ressources humaines et financières ainsi que l’expertise cumulée par le Conseil International durant les cinq années des FSM pour réussir la manifestation au Maroc ;
- à recevoir une délégation du Conseil International pour finaliser les aspects d’organisation et de logistique avec le Comité du Forum Social Maroc et les autorités marocaines.
Les autorités nous ont demandé le délai du 30 avril 2005 pour se prononcer sur notre nouvelle demande. Nous avons de nouveau demandé au C.I de patienter, sachant qu’à défaut du Maroc, le C.I doit déployer des efforts, dans des délais encore plus contraignants pour la tenue du FSM polycentrique dans un autre pays.
Aujourd’hui, à plus d’un mois des échanges avec les autorités marocaines, aucune réaction officielle ne nous a été communiquée.
Le comité de pilotage enregistre cette « non réponse du gouvernement » et se déclare fermement engagé à la poursuite du processus et de la mobilisation du mouvement social sur la programmation des forums thématiques, la connexion aux dynamiques régionales et internationales et renouvelle l’appel à engager le processus d’organisation du forum social maghrébin.
Les associations, sensibles à la conjoncture mondiale et à l’impact de la domination économique et politique néo-libérale, se considèrent partie intégrante de l’action internationale et affirment leur adhésion aux dynamiques sociales mondiales qui luttent pour un autre monde un monde de paix, de démocratie, de répartition et d’accès équitables aux richesses et au savoir.
Elles se mobilisent pour l’enracinement et l’élargissement de l’ensemble des mouvements sociaux à la dynamique du forum social mondial.
Comité des relations extérieures.
jeudi 05 mai
Réformes syndicales
S’il ne tenait qu’à l’auteur de ces lignes, après avoir plaidé pour une retraite anticipée aux enfants travailleurs, il réclamerait volontiers une retraite immédiate à l’ensemble des secrétaires généraux actuels des syndicats les plus représentatifs en l’occurrence l’UMT, l’UGTM, la CDT, la FDT et l’UNTM. Ces «zaïm» doivent passer la main à leur relève pour qu’ait lieu le renouveau tant attendu dans le monde syndical. D’ailleurs, ils auraient dû le faire spontanément, sans que besoin n’ait de le leur réclamer. Mais, ils sont malheureusement parmi ces grandes gens qui ne savent pas s’arrêter au bon moment, ce qui ne fait que les rapetisser. A un certain temps, ils ont duré et perduré sous prétexte qu’il n’y avait pas de relève apte à prendre en main la destinée syndicale. Pourtant, cette relève syndicale existe, elle s’est imposée et commence partout à élever la voix pour demander des réformes internes. Maintenant, il devient urgent que ces réformes aient lieu, tant les syndicats au Maroc vont mal. La preuve par les chiffres: un rapport du Département Américain mis à jour le 15 septembre 2004 révèle que 6% seulement des 10 millions de travailleurs au Maroc sont syndiqués (avec une majorité de fonctionnaires) même si le pays dispose, précise le document, de 19 syndicats nationaux et cinq confédérations principales (UMT, CDT, UGTM, UNTM, FDT). De surcroît, à cause du traditionalisme imposé en système au sein des syndicats, l’image de ces organisations se trouve considérablement ternie.
Des raisons objectives expliquent cette situation. Au lieu d’investir dans la modernisation de leurs structures et de leur mode de gestion en utilisant à bon escient les fonds récoltés directement auprès de leurs membres et auprès de l’Etat; les directions syndicales au Maroc se sont cantonnées dans un esprit privilégiant le clanisme, l’opacité, l’autocratie, le misérabilisme, voire la surenchère. Eux la porte. Rivés
mercredi 13 avril
Une nouvelle génération de mendiants
A Casablanca, il fut un temps où les mendiants ne couraient pas massivement les rues. En ces temps-là, ceux qui osaient «chanter» pathétiquement leurs doléances, étaient visiblement miséreux. Leurs habits, leur handicap, leur mine de mort-vivant ou encore leur litanie servait à donner des preuves tangibles pour gagner la compassion des âmes charitables. En ces temps-là, la dignité avait encore un sens et parmi les mendiants, rares étaient ceux qui exerçaient ce non-métier par fourberie ou pour le plaisir. Mendier n’était pas encore devenue une mode, voire un sport national, comme elle l’est de nos jours.
Mendiants nouvelle génération
Nombreux sont les jeunes qui sont chaudement et chiquement habillés qui tendent la main surtout à des jeunes de leur âge. Ces mendiants new look ne manquent pas de prétextes pour convaincre les bienfaiteurs potentiels. Certains prétendent qu’ils veulent tout juste avoir de quoi se payer un ticket de bus. D’autres, avec un air tristounet, déclarent vouloir manger un morceau arguant qu’ils ont un problème familial. D’autres encore, plus directs et plus prolixes, avancent sans la moindre gêne qu’ils veulent tout simplement (par ces temps difficiles…) se payer une cigarette ou une tasse de café. Rien que ça!
Autres méthodes, autres nouveaux mendiants
Dans la catégorie de cette novelle génération de mendiants se trouvent également tous ces jeunes et moins jeunes (hommes et femmes) que l’on rencontre parfois, près des gares routières ou ferroviaires. Ceux-ci se disent éternellement «mkataà bihoum lahbel» (sans ressources dans une ville qui n’est pas la leur). A les voir portant la plupart du temps des bagages à main, on les croirait facilement sur paroles. Seulement, ils (elles) oublient de changer de lieux et c’est ainsi qu’ils (elles) se prennent à leur propre jeu. Dans la même catégorie, il y a également ces femmes visiblement «respectables» qui commencent aussi à tendre la main. Pour
Que faire ?
L’Etat s’est engagé à lutter contre la mendicité à Casablanca. C’est tant mieux. Dans cette perspective, un programme a été lancé. Première mesure prise : la chasse aux mendiants qui exploitent leurs propres enfants ou louent des enfants dans l’exercice de leur «fonction». La chasse donne déjà lieu à une partie de cache-cache qui ne va ni sauver les enfants exploités ni éradiquer la mendicité à Casablanca ou ailleurs. A ce propos, on peut bien se demander ce qui empêcherait les exploitants chassés sans que leur soient proposées des alternatives viables, de jeter leurs petits esclaves dans des circuits encore plus dangereux (prostitution, drogue…). Au demeurant, en sus des parties de chasse, le programme évoque le «développement humain durable» ou encore «les activités génératrices de revenus». Voici des chantiers qu’il va falloir ouvrir à grande échelle. Ces chantiers peuvent donner lieu aux alternatives manquantes. Ne l’oublions pas, c’est surtout la chasse aux inégalités criardes et à la pauvreté extrême (matérielle et celle de l’esprit) qui doit être sérieusement lancée. Elle devait l’être d’ailleurs depuis 40 ans. Par ailleurs, contre la pauvreté de luxe il y a au moins une bonne solution: l’ancrage de valeurs sociétales sûres dans l’esprit des Marocains.
mardi 12 avril
Le prix du patriotisme
Dans un monde où les limites territoriales ne sont plus ce qu’elles étaient, l’amour que l’on éprouve pour sa patrie doit rester profond, inconditionnel. Néanmoins, cet amour qui n’est plus aussi platonique comme il l’était autrefois, a besoin non seulement d’être transmis de génération en génération, mais aussi entretenu pour être préservé. Sinon, c’est le désamour qui prend le dessus. Et quand désamour il y a, c’est ce qui peut arriver de plus grave à un pays. N’est-ce pas à cause de ce désamour qu’aujourd’hui des Marocains vont jusqu’à déclarer sans se gêner qu’il vaudrait mieux que les colonisateurs français reviennent au Maroc? Au-delà des motivations économiques évidentes, n’est-il pas vrai que c’est ce profond désamour qui pousse également la plupart des jeunes à n’avoir qu’un espoir: se sauver de leur pays et se chercher d’autres identités?
Face à ce désamour, il serait simpliste de se borner à ruer dans les brancards en criant à l’affaiblissement du patriotisme des nouvelles générations sans en chercher les causes. Il faut savoir que de nos jours, même le patriotisme se paie. Son prix: le respect des droits des citoyens et donc de la démocratie, la vraie. Celle qui ne se limite pas au droit de remplir des urnes et de s’exprimer librement, mais qui garantit aussi et surtout le droit à une vie dans la dignité. Et la dignité voudrait qu’il y ait -entre bons patriotes- partage équitable des richesses nationales, égalité des chances, justice juste, droit à un enseignement valable, droit à des soins convenables… Dans tout cela, le Maroc est en chantier, mais à quand la fin des travaux?
Revenons au patriotisme! Puisque terre et patrie (ard et watan) ne font qu’un dans notre langue, voici un exemple que vient de donner à ce sujet une agence de l’Etat. A douar Lahna et à douar Oulad Aàrrad à la fraction de Tassoultante à Marrakech, 71 fellahs sont menacés d’expropriation par l’Agence Nationale de l’Habitat Insalubre (ANHI). Ces fellahs déclarent être propriétaires de leur terre. Ils arborent un parchemin séculaire pour le prouver. Ce document serait un dahir royal par lequel cette terre a été offerte à leurs aïeux. Mais l’ANHI ne veut rien savoir. Cette Agence voudrait faire construire des villas à la place de cette terre agricole. Quelle que soit l’issue de ce différend, on retiendra que l’Agence de l’Etat a proposé aux fellahs concernés 20 dirhams le mètre carré pour les exproprier. Est-ce à ce prix que l’on veut préserver le patriotisme dans notre pays?
jeudi 17 mars
Juger la justice
Combien de criminels au Maroc courent les rues pendant que des innocents croupissent dans des prisons? La question se pose puisque tous les rapports qui pleuvent de partout sur le Maroc, mettent la justice marocaine dans le box des accusés. A ce propos, un rapport du Département d’Etat américain rendu public le 28 février, est venu confirmer ce que ne cessaient de répéter des ONG nationales et internationales. Principales charges retenues contre cette justice: elle reste téléguidée par le pouvoir et minée par la corruption.
Certes, ces dernières années, le vaste chantier de «l’assainissement» de la justice au Maroc a été lancé. Il a même fait des victimes parmi le corps judiciaire. Mais, ce processus reste inachevé. Il a suffi d’une affaire comme celle des ouvriers des mines d’Imini (Ourzazate) pour que la réforme globale de la justice marocaine soit remise au cœur du débat au Maroc et même à l’étranger. Rappel des faits: Les mines d’Imini relevant de la Société Chérifiènne des Etudes Minières (SACEM) dont 42,99% des actions appartiennent à l’État sont entrées en novembre 2001 dans une phase de redressement pour pallier, semble-t-il, des «difficultés structurelles». Dans ce cadre, les responsables de ces mines ont tenté, en vain, de réduire les heures de travail, voire de compresser le personnel... Le désaccord sur le fond même de la crise a provoqué une confrontation directe entre des ouvriers et les décideurs. En conséquence de quoi il y eut des mouvements de protestation à répétition dont un sit-in qui s’était prolongé indéfiniment à cause notamment de l’inefficacité de l’intermédiation entreprise. Selon certains parmi les protestataires, le feu a été mis aux poudres le 15 avril 2004, lorsque les mines ont été prises d’assaut par une milice. Celle-ci aurait été poussée, sur fond de surenchère syndicale, à casser ledit sit-in par la violence. Il s’en est suivi la blessure puis la mort de l’un des assaillants connu pour ses antécédents médicaux. Et c’est ainsi qu’a éclaté le procès à travers lequel le procès de la justice marocaine est actuellement fait.
L’instruction de ce qui est désormais connu comme étant l’affaire des ouvriers des mines d’Imni a débouché sur une sentence fortement controversée: 10 ans de prison ferme pour le syndicaliste Mohamed Khouya, 10 ans à quatre ouvriers, deux mois de prison avec sursis et une amende de 1.000 dhs pour un autre ouvrier. Paradoxalement, il y aurait des témoignages sur l’évidence de l’innocence notamment de M. Khouya que la justice refuse toujours de prendre en compte. Toutes les accusations portées à l’encontre de la milice et de son ou de ses mentors ont été occultées… Résultat: la justice marocaine ne trouvera pas assez d’avocats pour se défendre contre ses détracteurs dans le monde entier qui se solidarisent spontanément avec les «victimes des mines d’Imni.
vendredi 17 décembre
Clôture de la 2ème conférence arabo-africaine sur l’exploitation sexuelle des enfants
Maintenant, il faut agir, vite !
Rabat a abrité du 14 au 16 décembre courant la 2ème Conférence Arabo-Africaine sur «La vulnérabilité de l'enfance face à l'exploitation, la violence et l'abus sexuel». Placée sous le Haut patronage de S.M Mohamed VI, cet événement a été organisé par le Secrétariat d'Etat chargé de la Famille, de l'Enfance et des Personnes Handicapées avec l'appui notamment de l'UNICEF, du Bureau International du Travail (BIT), d'IPEC (programme international du BIT pour l'abolition du travail des enfants) et de l'ECPAT (un réseau international d'organisations luttant contre le trafic des enfants à des fins sexuelles ainsi que la prostitution et la pornographie enfantines), de l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), d'Interpol de terre des Hommes et de l'ONG «Save The Children». Il a rassemblé environ quatre cents participants venus d'une cinquantaine de pays arabes et africains. Les débats ont été essentiellement axés sur la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants. Dans ce cadre, les participants ont dressé le bilan des résultats obtenus dans les pays arabes et africains en regard des engagements qu'ils ont pris lors du Congrès Mondial contre l'exploitation sexuelle des Enfants tenu à Stockholm en 1996, du Congrès de Yokohama tenu en 2001 contre l'exploitation sexuelle des Enfants à des fins commerciales, de la première conférence sur l'exploitation sexuelle des enfants tenue à Rabat en 2001 et de
Le Maroc, pour qu'il soit réellement digne de ses enfants, pourrait s'inspirer de ces recommandations pour rendre encore plus pertinent son projet de Plan National pour l'enfance. Lequel devrait être lancé dès l'année prochaine et s'étaler jusqu'en 2015.
Déclarations:
Thomas Mc Dermott, directeur régional de l'UNICEF pour le Moyen Orient et l'Afrique du Nord:
«Le leadership du Maroc est incontestable en matière de protection de l'enfance en Afrique et dans le monde arabe».
Zohreh Tabatabai, directrice du département de communication du Bureau International du Travail
«… Il faudrait surtout, pour protéger efficacement les enfants, s'attaquer au problème de la pauvreté qui est la véritable source dont se nourrit les pires épiphénomènes que peut connaître toute société».
Josephine De Linde, présidente d'ECPAT (Réseau international d'organisations luttant contre le trafic des enfants à des fins sexuelles ainsi que la prostitution et la pornographie enfantines):
«Les résultats de la Conférence de rabat guideront pour les années à venir le combat mené contre les exploiteurs et abuseurs des enfants dans le monde arabo-africain.»
Michel Grégoire, Conseiller technique principal du BIT dans le projet de lutte contre le trafic des enfants en Afrique de l'Ouest et du Centre (Luterna):
«Désormais, le mot d'ordre qui doit être partout lancé est «tolérance zéro» en ce qui concerne toues les formes d'exploitation des enfants, tant dans le domaine des pires formes du travail des enfants que dans celui de leur exploitation sexuelle à des fins commerciales ou autres…».
